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Résultats examen VTC : retour à la qualité

Résultats examen vtc 2017

On le sait, l’accès à la profession de Chauffeur VTC a connu de nombreux bouleversements ces dernières années. Avant janvier 2016, il fallait passer une formation de 250h qui donnait lieu à une simple attestation de suivi de formation. Mais face au manque de contrôle des centres de formation, le gouvernement a instauré en 2016 une première réforme rendant obligatoire le passage de l’examen VTC pour obtenir la carte professionnelle VTC. Or, celui-ci étant organisé par les centres de formation eux-mêmes, la voie à tous les opportunismes s’est ouverte, accentuant ainsi la concurrence déloyale face aux taxis avec des conditions d’accès au métier inéquitables entre les deux professions. Pour parer à ces écueils, une nouvelle réforme de l’examen VTC/Taxi a été mise en oeuvre pour 2017 avec pour principaux changements :

  • Un tronc commun VTC/Taxis pour la théorie + des épreuves spécifiques
  • Une épreuve pratique ajoutée aux VTC
  • L’organisation de l’examen confié à un organe indépendant : La Chambre des Métiers et de l’Artisanat

Les premiers résultats* de l’examen VTC 2017

La première épreuve dite d’admissibilité (théorie) de l’examen VTC 2017 a eu lieu le 15 mai et la deuxième le 30 mai 2017. Depuis, le rythme de l’épreuve d’admissibilité est d’une par mois. Les résultats sont communiqués après 15 jours ouvrés et les candidats admis sont convoqués par la suite à l’épreuve dite d’admission (pratique).

  • Résultats examen VTC du 15 + 30 mai à (épreuve d’admissibilité)

    D’après nos informations, le nombre de candidats VTC pour les 2 dates s’élève à un peu plus de 900. La CMA nous confirme un taux de réussite d’environ 67% à ces premières épreuves, soit 600 candidats ont réussi les épreuves théoriques sur les quelques 900 qui se sont présentés.

  • Résultats examen VTC juillet (épreuve d’admission)

    Les candidats admis ont été convoqués en juillet pour passer l’épreuve pratique à l’exception des candidats du 30 mai inscrits à la CMA de Paris (soit 235 personnes). Ces candidats ont été convoqués pour le mois de septembre.
    Donc 234 candidats des 367 candidats convoqués ont réussi l’épreuve pratique. Soit 64% des candidats ayant réussi la première épreuve, ont réussi l’épreuve pratique. Rapporté au nombre de candidats de départ (900 – les 235 qui n’ont pas encore été convoqués), seulement 35% des candidats VTC ont réussi à obtenir leur attestation de capacité professionnelle en vue de l’obtention de la carte professionnelle VTC.

Les résultats parisiens sont tombés : sur les 235 candidats convoqués à Paris en septembre pour l’épreuve pratique, 170 ont été admis. Ce qui donne un taux de réussite à l’examen VTC de 44% pour le mois de mai.

 

  • Résultats examen VTC du 27 juin (épreuve d’admissibilité) :

    Le taux de réussite pour l’IDF est de 43%. Soit 243 candidats admissibles sur un total de 565 candidats inscrits…c’est beaucoup moins que la session de mai ! Ces candidats n’ont pas encore passé l’épreuve d’admission.

  • Résultats examen VTC du 25 juillet (épreuve d’admissibilité) :

    Avec 2200 candidats VTC, seuls 378 candidats ont réussi l’épreuve d’admissibilité. Soit un taux de réussite de 17 %….!

* Les taux de réussite et le nombre de candidats ont été obtenus auprès de la CMA, à l’exception du taux de réussite de l’épreuve d’admission de juillet 2017 qui lui a été calculé par nos soins.

Un engouement pour le métier de chauffeur VTC ?

Commençons par constater le nombre élevé de candidats à l’examen VTC. Deux raisons à cela :

  • D’abord les chauffeurs actuellement en exercice sous le statut de la loi LOTI doivent impérativement obtenir leur carte professionnelle VTC (et donc passer l’examen) pour avoir le droit de continuer d’exercer au 1er janvier 2018. Ces chauffeurs ont été recensés au nombre de 15000 ! Soit autant qui peuvent disparaître du marché le 30/12/2017 (date à laquelle ils seront déconnectés des plateformes de mise en relation)
  • La perspective de voir disparaitre la grande majorité de ces chauffeurs permet d’envisager de nouvelles opportunités d’emploi pour de nouveaux candidats actuellement au chômage ou souhaitant se reconvertir.

Un accès au métier plus difficile que prévu ?

Remarquons le faible niveau de réussite, d’abord à l’épreuve d’admissibilité et encore plus éloquent à l’épreuve d’admission. Comment l’expliquer ?

  • Beaucoup des candidats déjà en exercice estiment qu’ils n’ont pas besoin de se former pour passer l’examen.
  • L’extrême facilité d’accès au métier de Chauffeur VTC avant la réforme de l’examen VTC 2017 a  laissé croire que l’examen était facile et qu’il n’y avait pas besoin de suivre une formation de chauffeur VTC.
  • Beaucoup des candidats à l’examen VTC n’ont pas le niveau de français nécessaire à la compréhension et la réussite de l’ensemble des épreuves d’admissibilité

L’explosion des candidatures à l’examen VTC depuis la session du 25 juillet 2017

Comme relaté dans notre article formation Uber gratuite ? La société Uber a organisé fin juin une promotion de 5 jours dont le mécanisme était d’offrir les frais d’examen (195 €) et, par le biais de son « partenaire » Cab-Formations, d’offrir la formation en ligne. Cette opération a été un vrai succès selon l’article du Parisien, puisque 2000 candidats s’y sont inscrits. Ce sont ces candidats que l’on retrouve à la session d’examen VTC du 25 juillet 2017.

Depuis, et malgré les résultats plutôt désastreux à l’examen VTC du 25 juillet 2017, la plateforme a réitéré son opération pour la session du 26 septembre. Quel serait donc son intérêt à faire une opération si peu rentable et à dumper le marché de la formation VTC ? Nous voyons plusieurs explications :

  1. Accélérer la transition des capacitaires et chauffeurs LOTI vers le statut de chauffeur VTC vu le risque avéré pour la plateforme de pénurie de chauffeurs au 1er janvier 2018
  2. Alimenter un « stock » de chauffeurs disponibles jusqu’au 30 décembre 2017 puisque nous savons depuis mai 2017 que pour s’inscrire sur la plateforme Uber, la carte professionnelle VTC est obligatoire ou a minima une preuve d’inscription à l’examen VTC
  3. Capter l’intérêt des futurs chauffeurs VTC pour Uber dont l’ambition est de dominer le marché (et tout son eco-système), lesquels une fois sur le terrain pourraient faire un choix alternatif. La disponibilité du chauffeur pour conserver un client étant le nerf de la guerre , leur fidélisation sur une plateforme plutôt qu’une autre est un enjeu primordial

Les candidats à l’examen VTC de tous horizons saisissent ainsi l’opportunité de passer l’examen VTC gratuitement pour « tenter leur chance » au cas où la coche tomberait juste au moins 6 fois sur chacune des épreuves…c’est parce qu’on leur a laissé croire pendant longtemps que pour devenir Chauffeur VTC, il suffisait juste d’avoir le permis de conduire…

Mais cette sélection à l’entrée que constitue désormais l’examen VTC version 2017, montre que l’ère de l’opportunisme s’achève pour laisser place à une nouvelle ère, celle du professionnalisme et de la qualité souhaités par le gouvernement.

Devenir Chauffeur VTC en 2018 nécessite désormais une vraie préparation pour réussir à la fois l’examen, mais aussi en tant que Chauffeur indépendant sur le terrain et savoir tirer son épingle du jeu sur un marché désormais concurrentiel.

La CMA revoit l’organisation de l’examen VTC à partir de septembre 2017

Face à ce déferlement de candidats, la CMA désemparée (lire article relatif au déroulé de la session du 25 juillet article RTL) ajuste son organisation :

  • Instauration de quotas pour chacune des sessions d’examen (1200 candidats VTC et 300 candidats Taxis max pour l’IDF )
  • Lieu unique d’examen pour privilégier des petites salles cloisonnées plutôt qu’un grand open space de 2000 personnes afin de faciliter la surveillance des candidats
  • Ajout de 2 dates d’examen jusqu’à fin 2017 pour absorber la forte demande (générée par Uber & consort)

Les horizons 2018

La phase de transition des capacitaires et chauffeurs LOTI prendra fin le 30/12/2017. On peut envisager alors un retour à la qualité et au professionnalisme des centres de formation VTC puisque :

  • Les nombreux candidats déçus de ne pas avoir réussi et ne pouvant plus travailler devront se résoudre soit à suivre une vraie formation, soit à changer de voie
  • Face aux taux de réussite moins que brillant de fin 2017, les nouveaux entrants, désireux de faire carrière dans le métier, se dirigeront d’eux-mêmes vers une formation VTC sérieuse et de qualité
  • Uber, n’aura plus intérêt à poursuivre son opération puisque seuls les Chauffeurs VTC avec carte professionnelle VTC pourront être inscrits sur la plateforme (Coût minimum de l’opération du 25 juillet :  390K€ de frais d’examen offerts, pour les résultats que l’on connait). Et Cab-Formations, le centre de formation d’Uber, n’est pas dimensionné pour absorber et dispenser des formations plus longues et plus sérieuses à toute la demande de formation.
  • Les centres de formation VTC proposant des formations « courtes », « expresses », « intensives », 100% à distance…etc, devront s’adapter ou disparaitre.
  • La nouvelle législation et le nouveau mode de gouvernance du secteur du T3P entrainera plus d’exigences en terme de qualité et professionnalisme pour tous les acteurs du secteur

 

Pour aller plus loin :

 

 

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Capacitaires VTC c’est fini !

Alors que la loi Grandguillaume prévoit une période de transition jusqu’à la fin de l’année pour que les chauffeurs capacitaires exerçant sous le statut de Loti obtiennent le statut de VTC (voiture de transport avec chauffeur) professionnel, les plateformes numérique, avec principalement UBER prennent les devants pour anticiper le manque de chauffeurs à venir.

LES CAPACITAIRES DOIVENT CHANGER DE STATUT AVANT FIN 2017

Près de 22000 chauffeurs capacitaires en Île de France sont concernés par la loi Grandguillaume (soit la majorité des chauffeurs actuellement en exercice) qui implique désormais que tout chauffeur VTC doit obtenir la carte professionnelle VTC pour pouvoir exercer.

Après avoir tout tenté pour retarder ou faire annuler cette loi, la plateforme UBER reconnait désormais que rien ne pourra permettre de déroger à cette nouvelle règle, pas même l’élection du Président Macron.

Uber a donc d’ores et déjà annoncé le 27 mai dernier, que tout chauffeur VTC n’ayant pas la carte professionnelle VTC au 31 décembre 2017 sera déconnecté dès le 1er janvier 2018. De plus, par anticipation, tous les nouveaux chauffeurs enregistrés sur sa plateforme à compter du 22 mai 2017 doivent présenter la carte professionnelle VTC ou la preuve de leur inscription à l’examen VTC.

 

LES CONDITIONS D’INSCRIPTION À L’EXAMEN VTC

Rappelons que pour s’inscrire à l’examen VTC directement auprès de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de son département, il faut présenter entre autre les pré-requis suivants :

  • Un certificat médical obtenu auprès d’un médecin agréé par la préfecture de police
  • Un permis B de plus de 3 ans non affecté du délai probatoire
  • Une attestation de domicile nominative
  • Avoir un casier B2 vierge (aucun document à fournir, c’est l’administration qui vérifie)

Il faudra également s’acquitter du montant de 195 euros pour frais d’inscription à l’examen. Ces frais donnent droit au passage de l’épreuve d’admissibilité (théorie) et d’admission (pratique).

 

UNE INSCRIPTION À L’EXAMEN QUI NE VAUT PAS RÉUSSITE

Si autrefois une simple attestation de présence à une formation de 250h obtenue auprès d’un centre de formation agréé ou comme en 2016 la réussite à l’examen uniquement théorique, organisé et corrigé par les centres de formation eux-mêmes ouvraient les portes à tous les opportunismes, la loi Grandguillaume a mis fin à tout cela.

Désormais, le centre de formation agréé ne peut plus être juge et partie. C’est donc une instance indépendante, à l’instar des chauffeurs de taxi, qui est chargé de l’organisation et de la correction des examens. Ce qui signifient que les centres de formations agréés sont dans l’obligation de vous délivrer une VRAIE formation pour vous  aider dans la réussite aux examens. Car dans le même temps les conditions de l’examen ont été durcies : une nouvelle épreuve de développement commercial à vue le jour et un niveau d’anglais minimum est requis. Il vous faudra réussir les épreuves théoriques (lire ici le déroulé de l’examen) pour pouvoir se présenter à l’épreuve d’admission pratique qui n’est pas aussi simple que ce que certains de nos confrères le laissent entendre.

Lire notre article relatif au premiers résultats à l’examen VTC version 2017

OBTENIR LA CARTE PROFESSIONNELLE VTC EN 6 À 8 MOIS

Avec la nouvelle réforme, il faut donc abandonner l’idée qu’obtenir la carte professionnelle VTC, même pour travailler avec les applications, peut s’obtenir dans un délai court. En effet, entre le moment de préparer son dossier pour l’inscription à l’examen VTC, le délai de minimum un mois entre l’inscription à l’examen et le passage de la première épreuve, la nécéssaire réussite à l’épreuve théorique pour se voir convoquer à l’épreuve d’admission pratique, la réussite à l’épreuve, la constitution du dossier et la réception de la carte professionnelle, il faut compter sur un délai de 6 à 8 mois avant d’être opérationnel.

 

Inscription examen VTC

DEVENIR CHAUFFEUR VTC : UN VRAI PROJET PROFESSIONNEL

Et oui, désormais, devenir Chauffeur VTC est accessible aux plus motivés d’entre vous car il s’agit d’un véritable métier dont la réussite dépend de votre préparation au projet et de votre enclin à devenir un véritable professionnel. Comme nous l’avons vu plus haut, l’accès au métier est en train de se restreindre uniquement aux professionnels, c’est à dire à ceux qui auront obtenu la carte professionnelle VTC. Or parmi les 22000 chauffeurs en exercice aujourd’hui, on peut considérer que moins de la moitié d’entre eux vont tenter d’obtenir ce sésame pour continuer d’exercer. Cela signifie que dès 2018, il va manquer un grand nombre de chauffeurs VTC pour satisfaire la demande (qui elle ne cesse de croître) donc il faut comprendre de ce contexte que de nouvelles opportunités sont à saisir pour les plus motivés et les mieux préparés d’entre-vous.

Alors ? Prêt à vous investir et à relever ce challenge ?

N’hésitez pas à nous contacter pour tout complément d’information :

 

 

 

 

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L’avenir du VTC

Avenir VTC

Après seulement quatre ans d’existence, la filière VTC (Véhicule de Transport avec Chauffeur) est déjà porteuse de bénéfices pour la croissance, l’emploi et la mobilité. Cette activité en forte croissance, qui se concentre pour l’instant à 90 % en Ile-de-France, ne montre aucun signe de ralentissement, que ce soit du côté de l’offre ou de la demande. Bien au contraire, à terme, la filière VTC en France pourrait peser 3,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, créer 80 000 postes de chauffeurs professionnels et générer 1,3 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires.

Un impact positif sur la création d’emploi

15 % de la création nette d’emploi en France sur les 6 premiers mois de l’année 2016 vient de la filière VTC. Ce chiffre atteindrait 25% en île de france, soit une création nette d’un emploi sur quatre.

En juin 2016, 22 000 personnes exerçaient l’activité de chauffeur privé en Ile-de-France et dans les grandes agglomérations françaises. Environ 65 % de ces chauffeurs seraient des employés d’entreprises capacitaires régies par la LOTI et 35 % seraient titulaires de la carte professionnelle VTC. Or les entreprises capacitaires, avec la bénédiction des applications, ont détourné la loi LOTI et ont embauché des chauffeurs sans qualifications ni expérience du métier de Chauffeur Privé créant de fait, une concurrence déloyale et un dumping des prix. Donc 14300 chauffeurs actuellement sur le marché n’ont pas la carte professionnelle VTC, désormais obligatoire pour exercer.

La fin d’une concurrence déloyale

Devant cet état de fait le député Laurent Grandguillaume a fait passer une loi en décembre 2016, visant à permettre une égalité devant les conditions d’exercice et d’accès à la profession qui doit se faire au bénéfice des chauffeurs et continuer à permettre la croissance de l’offre pour satisfaire la demande. Ainsi, l’examen VTC dont la réussite permettait l’obtention de la carte VTC a été réformé afin de l’aligner sur celui des chauffeurs de taxi sur 5 épreuves et deux qui restent spécifiques à chacune des activités. La professionnalisation étant  au coeur de la réforme Grandguillaume, le niveau de l’examen est ainsi relevé, nécessitant à l’instar des taxis, une formation de qualité. De l’autre côté, cette loi a permis de mettre fin au détournement de la loi LOTI. Par conséquent, tous les chauffeurs ne possédant pas la carte professionnelle VTC ont jusqu’au 31 décembre 2017 pour se mettre en conformité, c’est à dire passer l’examen où demander une équivalence sous réserve de remplir les conditions requises.

De nouvelles opportunités pour les chauffeurs

Uber à d’ores et déjà annoncé a ses chauffeurs qui ne possèdent pas la carte professionnelle VTC qu’ils seraient déconnectés de la plateforme dès le 1er janvier 2018. Par ailleurs, depuis le 22 mai 2017, Uber exige que tous les nouveaux chauffeurs enregistrés par les capacitaires, c’est à dire sans qualification, apportent la preuve qu’ils sont inscrits à une session d’examen.
Les conditions d’accès à la profession étant régulées de cette façon, il est évident que les 14300 chauffeurs n’auront pas d’ici le 1er janvier 2018 n’auront pas passé l’examen et que plus de la moitié d’entre eux seront déconnectés créant ainsi un manque de chauffeurs que les plateformes devront compenser par une hausse des prix. Ce sont donc les nouveaux chauffeurs, qualifiés, formés et qui auront réussit l’examen qui seront les nouveaux bénéficiaires de cet appel d’air. Car il ne faut pas oublier que l’objectif pour répondre aux besoins du marché du transport public particulier de personnes est de créer 80000* postes de chauffeurs professionnels. Les opportunités restent donc à ce jour et dans un avenir proche très nombreuses.

Une nécessaire amélioration du statut d’indépendant

Cette croissance bénéfique met le doigt sur plusieurs sujets d’attention pour les pouvoirs publics et l’ensemble des parties prenantes dont le besoin d’une meilleure protection des indépendants. Si le sujet n’est pas nouveau et dépasse largement le secteur du transport de personnes, la montée en puissance des plateformes collaboratives conduit à repenser le modèle social et impose des adaptations. Notamment mettre à niveau équivalent le statut des Chauffeurs de taxis et celui des VTC, revoir le Régime Social des Indépendants, ainsi que le niveau d’imposition. Avec l’élection de Macron à la présidentielle, restons alertes sur la mise en oeuvre de ses promesses de campagne en attendant que les syndicats, plateformes numériques et pouvoirs publics réussissent à se mettre d’accords.

 

Sources :

 

Mélenchon, Macron, Ubérisation et VTC

A quelques heures du premier tour de l’élection présidentielle, nous nous sommes intéressés aux programmes des candidats qui se sont exprimés sur le secteur du Transport Public Particulier de Personnes, à savoir Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Notre constat est que chacun, sans faire de propositions spécifiques au secteur, utilise le modèle Uber pour dresser leur conception du modèle économique et social de demain. De leur vision, en totale opposition, nous avons tiré les propositions qui pourraient impacter les chauffeurs en cas d’élection de l’un ou de l’autre.

Quelle est la vision d’Emmanuel Macron ?

Le défi d’Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Économie et des Finances et qu’il compte poursuivre en tant que Président de la République est de créer une « économie 2.0 ».

« Avec cette Nouvelle France, plus industrielle, nous sommes engagés dans la modernisation de l’outil industriel par la transformation du modèle économique par le numérique »

Comment arriver à cette économie 2.0 ?

Pour y parvenir, Emmanuel Macron veut « libérer le travail et l’esprit d’entreprise » en ajoutant, « notre choix est d’ouvrir notre économie et de créer davantage de mobilité sociale ». Selon lui, pour les chômeurs dont le niveau de qualification est bas et ceux qui subissent la discrimination à l’embauche, il serait « plus facile de trouver un client que de trouver un employeur ». Et cela peut s’accomplir en mettant en relation des travailleurs indépendants avec des plateformes numériques capables d’identifier et fournir les clients grâce à leur accès et à l’analyse des données numériques (big data).

Son exemple favori pour démontrer l’efficacité et la dynamique de son projet est celui de la société américaine Uber (qui a inspiré le terme Ubérisation de l’économie) : « L’utilisation intensive des smartphones et d’autres Nouvelles Technologies de l’information et de la communication (NTIC) permet aux entreprises de mieux répondre à la demande, de proposer une offre plus attractive, et de créer de nouveaux emplois pour satisfaire de nouveaux clients. Ainsi en 2015, grâce à Uber, on a compté en Seine-Saint-Denis plus de 2 000 créations d’entreprises de transport de personnes. En quelques années, les VTC sont devenus le premier secteur de création d’entreprise dans la banlieue parisienne. »

« Je suis farouchement accroché à la réforme radicale et à ce qu’on avance dans le pays. »

Son projet : Libérer le travail et l’esprit d’entreprise

Ses propositions pour les travailleurs indépendants :

  • Réductions des charges et suppression du Régime Social des Indépendants (RSI) qui ne fonctionne pas.
  • Doublement des plafonds pour pouvoir bénéficier du régime fiscal de la microentreprise.
  • Fin de toute forme de concurrence déloyale en permettant chaque année à tous les artisans et commerçants d’opter ou non, selon leurs besoins, pour le régime fiscal de la microentreprise.
  • Droit à l’assurance-chômage pour tous

Ses propositions pour les entreprises :

  • Réduction du coût du travail : baisse des cotisations sociales employeurs de 6 points en remplacement du CICE, et jusqu’à 10 points au niveau du SMIC
  • Redéfinissions du dialogue social, notamment concernant la durée du travail légal (fin des 35h)
  • Création d’un bonus-malus sur l’assurance-chômage : les employeurs qui entretiennent la précarité en recourant exagérément aux contrats courts paieront plus de charges, ceux qui créent des emplois stables en paieront moins.
  • La retraite par capitalisation. Derrière cette mesure qui transformerait radicalement notre sytème de retraite, il s’agit « de remobiliser notre épargne financière » et « de mobiliser du capital investissement encore bien davantage que nous n’en avons pour réussir ce passage à l’échelle, faire grandir nos startups et réussir à saisir ces créations d’activité ». Ce mode de financement de l’économie permettra donc la création de « fonds de pension à la française » pour assouplir les contraintes pesant sur certains régimes de retraite : « les contrats de retraite professionnelle pourront ainsi être réorientés vers les actions ». Cela permettra de renforcer « la participation des ménages au financement de l’économie ». 

Notre constat

Si la dynamique créée est incontestable, l’arrivée d’Uber dans le secteur du T3P a provoqué un véritable séisme dans les corporations de Chauffeurs Grandes Remises et Chauffeurs de taxis qui ont été totalement ébranlées et dérégulées, les contraignants à se réformer pour s’adapter et survivre. Mais ce que la belle histoire ne dit pas, c’est que les nombreuses entreprises de transports se sont créés de façon opportune, sur la base de détournement de lois telles que la loi LOTI (capacitaires) et celle du co-voiturage (Heetch, Uber Pop, etc…). Tout ce monde attiré par les gains faramineux que leur promettait UBER : 250 € de CA/jour, avec des conditions au métier très avantageuses et opportunistes. Donc peu de contraintes et obligations pour un CA alléchant.

C’est ainsi que l’attrait de l’offre et le détournement des lois ont eu pour conséquences :

  • La création de 2000 entreprises de transport utilisant la loi LOTI pour faire du VTC (chauffeurs salariés non qualifiés sans carte VTC)
  • L’entrée en masse de nouveaux « chauffeurs » non professionnels créant une concurrence accrue et déloyale
  • Le dumping des prix (notamment par les chauffeurs LOTI) entrainant la paupérisation des chauffeurs professionnels VTC & Taxis
  • La chute de la valeur des licences de taxis
  • Le manque de formation et de professionnalisme de ces nouveaux chauffeurs entrainant la baisse de qualité de service et l’augmentation des risques liés à la conduite,

Mais ce qui est apparu à juste titre comme une opportunité au départ, s’est progressivement transformé en contrainte pour les chauffeurs et capacitaires. Voici comment :

  • Régulation du secteur par les pouvoirs publics (limitation de l’accès au métier et interdiction progressive des LOTI dans les villes de plus de 100000 habitants) >rapport GrandGuillaume
  • Face à une concurrence accrue, difficulté pour les chauffeurs d’atteindre le CA de 250 €/jour
  • Baisse des prix unilatérale de UBER entrainant une chute du CA des chauffeurs sans compensation de charges
  • Le manque de professionnalisation des chauffeurs sur le marché empêche leur indépendance vis à vis des plateformes et donc de trouver des clients par leurs propres moyens

On voit donc par cette expérience les limites de l’ubérisation, laquelle même si elle dynamise le marché, ne protège pas de la précarité.

Quelle est la vision de J-L Mélenchon ?

Pour J-L Mélenchon, « L’Ubérisation de l’économie se caractérise par une déréglementation sauvage des professions et des secteurs ainsi que par un contournement frauduleux et généralisé des règles fiscales et sociales. Elle provoque une disparition rapide des droits des travailleurs, par le recours massif à l’auto-entrepreneuriat. »

Comment arriver à la révolution numérique ?

Si Jean-Luc Mélenchon estime que la révolution numérique est une nouvelle révolution industrielle, il considère que telle qu’elle est menée, cela représente une vraie régression sur le plan social. Pour lui, plutôt que privilégier l’émancipation et le financement des plateformes, il convient de protéger le travailleur, tout en accompagnant les entreprises dans cette révolution.

Pas question donc de freiner la révolution numérique, en revanche, il veut proposer une alternative à l’ubérisation en « soutenant des modèles d’économie numérique démocratique respectueuse de ses usager·e·s que l’on empêchera la ponction du fruit du travail vers les profits. »

Son projet : Une économie numérique qui protège, au service de tous

Ses propositions :

  • Abroger la loi El Khomri et revenir sur les lois Macron.
  • Suppression du Régime Social des Indépendants (RSI) de rejoindre le régime général de la sécurité sociale.
  • Renverser la présomption d’indépendance au profit d’une présomption de salariat.
  • Passer de l’économie pseudo-collaborative à l’économie coopérative.

L’avis de l’Institut Chaban

Nous partageons le constat que le numérique et les nouvelles technologies représentent une aubaine en terme d’emplois. Soutenir son développement est indispensable pour moderniser la société. Pour nous, l’apparition des plateformes de mise en relation sur le marché du transport public particulier de personnes a révolutionné le secteur tout en permettant la création de nombre de nouveaux emplois et opportunités. Or, l’expérience témoigne que cette révolution numérique, doit nécessairement être encadrée et régulée afin de protéger tous les acteurs, que ce soit l’entreprise, les clients ou les travailleurs. 

Parmi les solutions proposées, celles de Jean-Luc Mélenchon nous semblent les plus appropriées à la fois pour continuer le développement du numérique et veiller à protéger le Chauffeur et  renforcer son statut en lui allégeant les charges et octroyant des droits nouveaux. En revanche, il manque dans chacun des programmes la notion de professionnalisation et donc de la formation du Chauffeur indispensable pour garantir l’autonomie et l’indépendance du Chauffeur vis à vis des plateformes numériques.